La lecture des Centuries

Les Centuries de Nostradamus sont l'objet, depuis 450 ans, d'innombrables travaux d'exégètes. On y a reconnu, au fil du temps, l'exécution de Charles Ier d'Angleterre, puis sans la moindre ambiguïté la Révolution Française ("La tête bleue fera la tête blanche"), l'avènement de Napoléon ("Un empereur naîtra près d'Italie"), la dictature d'Hitler... Plus récemment, "Nostradamus: les Centuries" répertorie tous les événements prédits qui se sont effectivement réalisés, et permet d'identifier entre autres la découverte des Manuscrits de la Mer Morte, l'assassinat de JF Kennedy, le parcours de François Mitterrand, la Guerre du Golfe, Eltsine et la Tchétchénie, l'élection de Jacques Chirac...
Autant d'événements indiscutablement troublants. Ceux relatifs à la Révolution Française, tout particulièrement, ont séduit même des scientifiques, informaticiens, philosophes etc. Le célèbre quatrain "La nuit dedans Varennes", qui évoque de façon stupéfiante les circonstances et le lieu même de l'arrestation de Louis XVI a été le sujet de livres entiers. Le choix de chaque mot de ces quatrains est en effet extrêmement troublant. Tous semblent se rapporter à d'innombrables détails: coïncidences à la fois de lieux et d'époques, concomitances d'événements sans rapport apparent, jeux de mots sur les noms, et cela dans un même quatrain, écartent toute intervention du hasard.
Pourquoi et comment en est-on encore à ces préjugés sur la prétendue "obscurité" du texte de Nostradamus? En fait, le doute subsiste sur la globalité de l'œuvre, qui n'a toujours été l'objet que d'études partielles: même pas la moitié des 1000 quatrains qui la constituent a été considérée, et, dans chaque ouvrage, l'auteur n'en retient en général que quelques dizaines. L'étude partielle devient dès lors étude partiale. Des quatrains retenus, notamment pour leur vocabulaire plus simple, on essaie alors en effet d'y voir des événements d'actualité, ou régionaux... On lit par exemple des ouvrages traduits de l'italien qui comprennent "coq" comme symbole de l'Italie... ignorant le célèbre coq gaulois, emblème qui date de l'Antiquité. L'étude partielle a aussi le défaut de comprendre un mot dans un quatrain en ignorant le sens qu'il prend, parfois plus clairement, dans d'autres. Ne serait-ce que par recoupement, une étude plus sérieuse aurait permis d'éviter les contradictions, erreurs, ou contresens. Le vocabulaire ancien enfin, il est vrai, a souvent rebuté. Aussi résume-t-on toutes ces errances de façon simple: "le texte est obscur et confus". Nostradamus nous en avertit pourtant: son style sibyllin, au premier abord, s'éclaire de lui-même dès lors que la prédiction est réalisée. C'est bien ce qui s'est produit pour les fameux quatrains célèbres et troublants. Et c'est bien ce qui doit se produire au fur et à mesure que le temps passe, et donc que les événements se succèdent. Le but de Nostradamus est d'éclairer les lecteurs, non pas de leur cacher les choses dont il a fait un livre au prix d'années et d'années de travail.


En réalité, la diversité des interprétations ne provient pas du texte interprété, mais de la diversité des méthodes de traduction. Au cours des siècles, on a vu en effet des interprétations érudites, celles de savants jésuites ou d'académiciens; on a lu des exégèses religieuses, ésotériques; certains n'y ont cherché qu'une construction cachée, à l'image de celle de la Grande Pyramide; d'autres ont procédé à des études symboliques ou théosophiques; d'autres ont proposé une lecture alchimique; certains y ont cherché des codes innombrables, basés sur de très longues - et fantaisistes - anagrammes. Avec l'éclosion de l'informatique, on a vu fleurir également de nouvelles révélations... En réalité, après cette profusion d'études et de moyens, le vocabulaire ancien, grec ou latin, compris sans encombre par les commentateurs savants les plus anciens, et sur lequel on pouvait s'appuyer sûrement, semble même maintenant nous plonger dans le doute. A cela s'ajoutent les a priori et la partialité des différents critiques, ceux qui ont étudié le texte, comme ceux qui ne l'ont même pas lu.

Or comme dans tous les quatrains les plus célèbres, il apparaît ici qu'il n'est nul besoin de compliquer l'explication des vers pour voir se révéler les événements, ce qui est le défaut de nombreux commentateurs passés. "Nostradamus: les Centuries" est pour cela enfin une traduction bien plus claire, sérieuse, et raisonnable que ses devancières. Beaucoup en effet se sont acharnés à "torturer" les vers de Nostradamus, particulièrement au moyen de trop nombreuses anagrammes. Ce nouvel ouvrage n'en fait pas du tout usage: les mots seuls suffisent.
Pour comprendre l'ensemble du texte, il s'agit essentiellement de reconnaître de façon parfaite chaque mot du vocabulaire. Les origines latines, grecques ou d'ancien français ne doivent pas être un obstacle. "Nostradamus: les Centuries" donne la signification de chaque mot peu commun, sans en passer le moindre sous silence: tous ainsi éclairent et précisent le quatrain, et aident donc l'exégète autant qu'ils permettent de convaincre le lecteur. Il apparaît alors dans le texte, on s'en aperçoit dans "Nostradamus: les Centuries", nombre d'anagrammes, jeux de mots, allusions culturelles, noms de lieux ou même de personnages, qui sont extrêmement troublants. On se rend compte alors, comme dans "Nostradamus: les Centuries", combien ils permettent de renseigner sur le style et le vocabulaire du médecin provençal … mais aussi et surtout, à travers les plus de 700 prédictions qui se sont déjà effectivement réalisées, de confirmer l'étonnant talent prophétique de Nostradamus.

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Références
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Nostradamus: Les Centuries, ses prédictions pour 1999 et l'an 2000